🇧🇿 Ambiance belizienne

Le soir de ce 7 mars nous nous installons sur un spot assez moyen (vis Ă  vis avec le voisinage, propretĂ© moyenne) mais en bord de plage dans la ville de Dangriga 😎 La nuit est calme et nous y passons tranquillement la matinĂ©e suivante Ă  faire l'Ă©cole pour Lucie et les enfants et du boulot pour Matthieu đŸ’» En fin de matinĂ©e Lucie et Albin partent faire quelques courses et passent devant la caserne de pompiers de la ville que l'on avait repĂ©rĂ©e en arrivant. Le pompier prĂ©sent dans la caserne enfile son plus beau t-shirt par-dessus son tricot et vient immĂ©diatement leur parler. Albin admire le camion de pompier qui attend la prochaine intervention. Ce dernier est un peu vieux, quelques connexions sur le tableau de commande semblent abĂźmĂ©es 😐 Le monsieur est tout gĂȘnĂ©, il s'excuse de l’Ă©tat du camion. La caserne possĂšde aussi un camion neuf mais qui est aujourd'hui dans des Ă©coles avec ses collĂšgues afin de faire de la sensibilisation concernant les dangers du feu. Il explique Ă©galement que ça ne fait pas longtemps que le Belize est indĂ©pendant (depuis 1981) et qu' ils n'ont pas la possibilitĂ© d’avoir du matĂ©riel plus rĂ©cent partout, donc ils gardent le vieux en plus.



L'aprĂšs-midi c'est en famille que nous partons visiter un Ă©lĂ©ment du patrimoine national, une vĂ©ritable institution : la Marie Sharp's Pepper Factory. Dans chaque maison, sur chaque table de restaurant se trouvent une ou plusieurs de ces petites fioles de sauce piquante produite par Marie Sharp đŸ‘” Cette dame a maintenant plus de 80 ans mais continue de travailler dans son usine qu'elle a crĂ©Ă© dans les annĂ©es 80 pour produire une sauce Ă  base piments habaneros qui a tellement gagnĂ© en popularitĂ© qu'elle est devenue l'un des produits phare du Belize đŸ€©

C’est d'abord Ă  pied que nous nous rendons au lieu repĂ©rĂ© sur Google Maps. C’est un Ă©chec, nous rĂ©veillons une dame qui fait de la revente dans son magasin 😝 Elle nous explique comment nous rendre Ă  l’usine mais nous informe que ce sera trop tard pour une visite aujourd'hui. Nous ne comprenons pas mais insistons, on est en dĂ©but d’aprĂšs-midi, c’est Ă  20 min de route, pourquoi sera-t-il trop tard ? AprĂšs quelques discussions la dame regarde l’heure. Ha ! Elle pensait qu’il Ă©tait 16h ! Non, on a le temps 😌 Ben dis donc, la sieste devait ĂȘtre bonne pour en perdre autant la notion du temps 😂

Nous voici enfin au bon endroit. Notre visite commence par l'usine de production. Le guide nous explique les diffĂ©rentes Ă©tapes pour la prĂ©paration de la sauce. Tout d'abord il s'agit d'une base carottes-oignons prĂ©parĂ©e par une dizaine de personnes employĂ©es essentiellement pour effectuer l'Ă©pluchage des lĂ©gumes, dans le but affichĂ© de crĂ©er des emplois đŸ„•đŸ§… Ils pourraient prendre des machines pour faciliter la prĂ©paration mais ne le font pas. Vient ensuite l'incorporation des piments habaneros qui font la typicitĂ© (et le piquant) de la recette đŸ«‘ L'usine conserve toujours en saumure un stock d'environ 10 mois de piments afin de ne pas perturber la production de sauce en cas de difficultĂ©s d'approvisionnement en piments locaux (tempĂȘte, inondations, ...). Car oui Marie Sharp ne se fournit qu'auprĂšs des producteurs du Belize, les seuls Ă©lĂ©ments importĂ©s sont les bouteilles et les bouchons. Ces derniers viennent servir Ă  l'Ă©tape du conditionnement oĂč des machines se chargent de remplir les fioles en fonction de leur taille : petites machines pour petites fioles, grandes machines pour les bouteilles moyennes, les plus produites 🗜️ Les enfants restent scotchĂ©s devant ces machines Ă  bien observer tout le processus de la bouteille vide jusqu'Ă  la bouteille prĂȘte Ă  vendre avec Ă©tiquette et bouchon đŸ€© Il faut savoir qu'ici les sauces sont produites en flux tendu en fonction des commandes. En l'occurrence c'Ă©tait une commande pour le marchĂ© amĂ©ricain, mais l'usine exporte dans plus de 30 pays đŸ€Ż Malheureusement les photos sont interdites dans l'usine, vous ne nous verrez donc qu'Ă  l'extĂ©rieur avec nos charlottes sur la tĂȘte !




Vient ensuite l'Ă©tape de la dĂ©gustation, mĂȘme pour les enfants. D'avance on est prĂ©venus, nous n'avons qu'un seul petit paquet de crackers, un verre de jus et plus de 16 sauces piquantes diffĂ©rentes Ă  goĂ»ter en ordre croissant de force đŸ˜± DĂšs la premiĂšre (force 2 sur 6), la bouche de Lucie est anesthĂ©siĂ©e elle ne sentira plus rien jusqu'Ă  la fin. Matthieu gardera quelques papilles mais il faut avouer qu'entre du moyen piquant nature et du super piquant Ă  la mangue ça reste surtout piquant đŸ„” Les enfants testerons Ă©galement toutes les sauces qui leur arrachent la bouche, sans qu'on comprenne bien pourquoi ils se sont infligĂ© ça đŸ€Ł Leur persĂ©vĂ©rance Ă  aller jusqu'au bout a forcĂ© Lucie Ă  faire de mĂȘme, sinon elle aurait arrĂȘtĂ© bien avant 😝 La dĂ©gustation se termine par des confitures Ă©galement produites par Marie Sharp afin d'Ă©teindre les brasiers dans nos bouches. C'est avec des exemplaires de celles-ci que nous repartirons, pas avec les fameuses sauces 😬






Quelques kilomĂštres plus tard nous arrivons Ă  Hopkins, un lieu que beaucoup de voyageurs nous ont conseillĂ© comme Ă©tant idĂ©al pour la dĂ©tente 🧘 Nous, en arrivant dans la ville on ne trouve pas ça fou đŸ€” On se trouve dans un cul de sac, devant un bar qui donne sur la mer. On Ă©vite de s'installer sous les cocotiers pour Ă©viter que des noix de coco nous tombent sur la tĂȘte. Bon bah vu qu'on est lĂ  on va y passer la nuit, puis une deuxiĂšme, une de plus, ... On restera finalement six nuits au mĂȘme endroit que nous avons beaucoup apprĂ©ciĂ©, pas tellement pour la beautĂ© du spot que par l'ambiance qui y rĂšgne 😌

Nous sommes ici en effet en pleine zone garifuna. Ce peuple noir est issu du mĂ©tissage entre d'anciens esclaves Ă©vadĂ©s et les populations locales caribĂ©enne et est prĂ©sent le long de la cĂŽte caraĂŻbe du Belize jusqu'au Nicaragua. Leur traditions diffĂšrent du reste du pays : par exemple, leur musique traditionnelle est basĂ©e sur des percussions. Ce n'est rien de dire qu'ils sont dĂ©tendus. Ici le rythme est tranquille, personne n'est Ă©nervĂ© et tout le monde prend le temps de faire la discussion Ă  base de "yeah man" ou "peace brother" 😀

Les enfants apprĂ©cieront notre temps posĂ©s ici, entre les jeux de sable, baignade (quand Albin ne se fait pas piquer par une mĂ©duse) et les ceuillettes plus ou moins rĂ©ussies de noix de coco. Lise en particulier s'est prise de passion pour ces fruits trĂšs solides et cela la sort Ă  notre plus grand plaisir de sa lecture dans laquelle elle s'enferme de plus en plus. Nous apprendrons donc avec elle Ă  reconnaĂźtre les bonnes noix de coco (celles qui ont du liquide Ă  l'intĂ©rieur quand on les secoue), puis mĂȘme Ă  distinguer les diffĂ©rents stades de maturitĂ© en fonction de la couleur, du vert quand la coco est bonne Ă  boire jusqu'au marron qui renferme les noix dures telles qu'on les vend en Europe en passant par les oranges, idĂ©ales pour la cuisine 👍 Cet apprentissage sera Ă©tayĂ© par un local, qui, voyant notre intĂ©rĂȘt et notre cueillette difficile, viendra nous expliquer comment il les cueille, les coupe et les prĂ©pare pour en faire un riz coco 😁

Albin tout juste piqué par une méduse, son demi-citron dans les mains pour faire partir le venin









Nous aurons l'occasion pendant notre sĂ©jour de tester les diffĂ©rents bars et restaurants qui nous entourent. Commençons par le bar en face du camping car dans lequel Matthieu et Lucie sont allĂ©s tous les soirs s'installer face Ă  la mer, une Belikin (la biĂšre locale) et un rum-punch dans les mains, Albin sur une balançoire pendant que Lise lisait au calme dans le camping car (comme le reste de la journĂ©e quoi 😉). Quand en entrant le dernier soir le barman nous demande "as usual ?" c'est un signe que nous l'avons un peu trop frĂ©quentĂ© 😋



L'autre restaurant Ă  pizza et burger d'Ă  cĂŽtĂ© sera le prĂ©texte Ă  une soirĂ©e en amoureux, les enfants devant un film dans le camping car. Enfin le troisiĂšme restaurant Ă  moins de 20 mĂštres est celui de Delroy. Albin s'est rapidement liĂ© d'amitiĂ© avec ce cuisinier qui tient un petit restaurant typique. Albin l'appelle "mon ami" pour nous parler de lui et sera souvent invitĂ© dans la cuisine pour faire le commis (mĂȘme quand il n'est qu'en maillot de bain đŸ€Ł). Nous irons bien Ă©videmment tester plusieurs fois sa cuisine du terroir, Ă  base de rice and beans au lait de coco, accompagnĂ© suivant l'inspiration du chef par un morceau de poulet braisĂ© ou de bƓuf cuit au barbecue. Nous pensions que Delroy ne tenait qu'une petite gargote pour locaux vu qu'il travaille et dort dans la mĂȘme cabane. Nous apprendrons pourtant que c'est un coup du sort qui l'a amenĂ© lĂ  : son ancien restaurant, au au mĂȘme endroit sur la plage, a brĂ»lĂ© đŸ”„ Il semblait grand et bien tenu sur les photos qu'il nous a montrĂ©. Fort heureusement cette pĂ©riode sombre devrait s'achever pour lui car les travaux de reconstruction commencent dans deux mois 😀 Pour Albin notre dĂ©part sera un crĂšve-cƓur, il aurait bien aimĂ© rester cuisiner avec "son ami" sur cette plage belizienne et lui offrira un far breton en partant. Albin nous dira mĂȘme que c’est la vie qui lui plairait plus tard...






DĂ©cidĂ©ment il s'en passe des choses Ă  Hopkins đŸ€Ż Sur notre spot nous avons rencontrĂ© et sympathisĂ© avec un couple de nĂ©erlandais avec deux enfants. Ils ont un petit cĂŽtĂ© hippie, ils n'ont jamais vĂ©cu dans en maison ou en appartement depuis la naissance du premier de leurs deux enfants et n'ont commencĂ© l'instruction en famille que depuis 1 mois (l'aĂźnĂ© a 7 ans). Au dĂ©but nous ne savons pas trop comment interagir avec eux, ils ont beaucoup d'attitudes qui nous gĂȘnent et devant lesquelles nous ne savons pas trop rĂ©agir 😑 Au final, passĂ© notre dĂ©couverte les uns des autres nous nous entendons bien et ils seront mĂȘme Ă  l'initiative d'un nettoyage de plage auquel nous serons invitĂ©s (les seuls invitĂ©s d'ailleurs 😋). Ils sont Ă©galement peintres et auteurs et laisseront une peinture de pĂ©lican sur la cabane de Delroy 😀





Nouveau jour nouvelle aventure. Nous pensions que les sorties snorkeling beliziennes Ă©taient bien trop chĂšres pour notre bourse mais bon on aime bien demander au cas oĂč. Et il se trouve que nous sommes bien tombĂ©s ! Delroy nous a envoyĂ© Ă  50 mĂštres de chez lui, vers un bar qui organise des excursions nautiques 🎉 Renseignements pris cela est accessible pour notre budget : environ 300€ la sortie pĂȘche et snorkeling pour nous quatre pour la journĂ©e, officiellement de 8h30 Ă  16h. Si l’heure d’arrivĂ©e a bien Ă©tĂ© respectĂ©e le dĂ©part a Ă©tĂ© un peu plus long que prĂ©vu 😁 Il a tout d’abord fallu armer le bateau qui n’avait probablement pas Ă©tĂ© dans l’eau depuis quelques semaines (mois ?) : nettoyer la coque, installer les bancs, remettre le moteur, le pare-soleil et bien sĂ»r pousser le bateau Ă©chouĂ© sur la plage dans l’eau đŸ’Ș Pendant que les hommes s'affairaient autour du bateau la patronne s’occupait de prĂ©parer notre repas du midi dans sa cuisine. Au final on ne s’en est pas trop mal sortis en partant vers 9h20 avec le propriĂ©taire du bateau, son fils et un guide 😅




La matinĂ©e a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă  la pĂȘche. Pour l’occasion nous avions amenĂ© la canne Ă  pĂȘche de Lise en plus de l’Ă©quipement que les organisateurs avaient (canne Ă  pĂȘche plus grosse et ligne Ă  main). Nous Ă©tions sur un tombant et la pĂȘche a Ă©tĂ© miraculeuse pour tout le monde avec le matĂ©riel local, la petite canne Ă  pĂȘche de Lise n’a toujours rien attrapĂ©… Moment agrĂ©able, Sauf pour Matthieu qui avait un lĂ©ger mal de mer đŸ€ą Pour faire passer ça il est parti cueillir des conques en snorkeling avec notre accompagnateur.







Le bateau plein de poissons et de coquillage nous nous sommes dirigĂ©s vers les Ăźles Bread and Butter situĂ©es sur la barriĂšre de corail, pour prendre le repas. L’endroit, propriĂ©tĂ© d’un Ă©leveur-agriculteur amĂ©ricain, est tout amĂ©nagĂ© avec cuisine et table, Ă  l'entrĂ©e d’une rĂ©serve naturelle. Nous prenons un cours de levage de filet et de dĂ©coupe de conques 😋 Tout cela nous paraĂźt extrĂȘmement appĂ©tissant mais notre attention est dĂ©tournĂ©e par trois crĂ©atures que l'on voit nager dans l’eau : des raies ! Ni une ni deux on enfile nos palmes, masques et tuba et on part nager avec elles : c’est incroyable de les voir onduler d’aussi prĂšs đŸ€© Les restes de nos poissons et conques les attirent pour notre plus grand bonheur.



Nos cuisiniers ont bien travaillĂ© pendant que nous nageions avec les raies đŸ€ż Nous pouvons passer Ă  table. En entrĂ©e ceviches de conque et poisson crus et coupĂ©s en petits morceaux. Pour le plat principal rice and beans accompagnĂ© de poulet, de filets de poissons cuits et de conques entiĂšres cuites Ă©galement. Un vĂ©ritable rĂ©gal ! On termine le repas sobrement avec un banana cake 🍌





Le fils du propriĂ©taire consomme sans aucune gĂȘne un petit pĂ©tard devant nous, les autres beliziens sont aux biĂšres, un jeune  a trop consommĂ© et se fait coucher et surveiller par deux autres amis ; c'est vraiment une ambiance spĂ©ciale dans laquelle vivent ces garifunas đŸ€” Nous l'avions dĂ©jĂ  remarquĂ© Ă  terre, peu importe l’heure, la biĂšre Ă  la main est une habitude.

Tout de suite aprĂšs nos agapes il est enfin temps d'aller explorer les fonds sous-marins, Ă  quelques centaines de mĂštres de l’Ăźle oĂč nous avons mangĂ©. AprĂšs nous ĂȘtre Ă©quipĂ©s nous partons tous dans l'eau avec le guide. Le rythme de notre balade est soutenu, le guide nous donne sans arrĂȘt des noms de poissons et de coraux mais nous avons au final assez peu de temps pour en profiter 😬 AprĂšs 25 minutes de nage il est dĂ©jĂ  temps d’arrĂȘter et de remonter sur le bateau. Nous avons plein d’images dingues dans notre tĂȘte mais nous aurions bien aimĂ© en profiter plus longtemps. Lucie est particuliĂšrement restĂ©e sur sa faim, elle a un petit regret de ne pas avoir dit qu’elle souhaitait rester plus longtemps dans l’eau 😓 Oui, on n’est jamais satisfaits đŸ€Ł






Le retour s’effectuera Ă  grande vitesse avec le bruit des biĂšres qui s’ouvrent rĂ©guliĂšrement derriĂšre nous. Face Ă  cette consommation qui s’enchaĂźne et les soubresauts de la lancha, nous sommes trĂšs contents d’arriver Ă  terre et finissons la journĂ©e KO dans le bolide. Sauf Albin qui retrouve son ami Delroy 😄

Enfin c'est Ă  Hopkins que nous avons planifiĂ© la venue de Mamie au Salvador đŸ„ł Oui Mamie, toute seule, vient nous rejoindre 🎉 Elle planifie ça avec nous depuis janvier, moment oĂč elle a pris son rendez-vous pour renouveler son passeport pĂ©rimĂ© depuis 1998 (true story) 😁 Depuis nous Ă©tions en attente de la validation de ses dates de congĂ©s pour tout planifier. LĂ  les billets d'avion sont confirmĂ©s, nous savons oĂč et quand nous allons nous retrouver đŸ„° Nous profitons de notre sĂ©jour dĂ©tente Ă  Hopkins pour planifier sa venue. Ce sera donc un sĂ©jour d'un peu moins de deux semaines, suffisant pour une boucle passant par tous les lieux d'intĂ©rĂȘt majeurs du pays. Les nuits se passeront essentiellement en Airbnb avec une petite session nomade dans le camping car 😁

On a super hñte 😊

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